« Mobilisation transversale de la lutte biologique par acclimatation pour les filières de production françaises »

Restaurer les équilibres naturels pour protéger durablement les cultures

Le principe : s’inspirer de la nature

Lorsqu’un ravageur arrive en France c’est souvent sans ses prédateurs naturels – ceux qui, dans son aire d’origine, limitaient sa prolifération. Résultat : il se développe sans contrôle et cause d’importants dégâts aux cultures. La lutte biologique par acclimatation (LBA) consiste à introduire des ennemis naturels spécialistes de ces ravageurs. Une fois installés, ces auxiliaires fournissent une protection permanente et gratuite aux agriculteurs.

Une méthode efficace mais sous-exploitée

La LBA présente le meilleur rapport coût-bénéfice parmi toutes les méthodes de biocontrôle : un seul lâcher d’auxiliaires peut suffire à établir une régulation durable. Dans le meilleur des cas, comme récemment pour le cynips du châtaignier, elle permet même de ramener les populations de ravageurs à des niveaux inoffensifs. Pourtant, la France utilise peu cette technique et, quand elle est mise en œuvre, tous les territoires et toutes les filières n’en profitent pas équitablement.

Les ambitions du projet

MOBACCLIM vise à remédier à cette situation en lançant une nouvelle vague de programmes de lutte biologique contre trois insectes ravageurs : le papillon Helicoverpa armigera qui attaque de nombreuses cultures, et deux psylles transmetteurs de maladies dans les agrumes ; et deux plantes envahissantes : le datura et l’ambroisie – ce serait une première en France d’utiliser la LBA contre des mauvaises herbes.

Le projet cherche aussi à maximiser l’impact de deux programmes déjà en cours, dont un concerne l’introduction du parasitoïde Mastrus ridens pour lutter contre le carpocapse des pommes, en réalisant de nouvelles introductions et des suivis post introduction, ainsi qu’en organisant le transfert des auxiliaires et des savoir-faire vers les agriculteurs et les territoires. Objectif : créer des productions locales d’auxiliaires pour renforcer ponctuellement la protection si le parasitoïde ne parvient pas à s’acclimater durablement.

Les bénéfices attendus

De nombreuses filières agricoles (pommes, noix, fruits rouges, grandes cultures, tomates, agrumes) pourront bénéficier de solutions de protection permanente, réduisant ainsi le recours aux pesticides chimiques à large spectre.

Une mobilisation collective

Le projet réunit 17 partenaires : instituts techniques, chambres d’agriculture, organismes de protection des végétaux, établissements de recherche et représentants des filières. Ensemble, ils travaillent à développer ces solutions, à les diffuser efficacement sur le territoire et à former les professionnels à leur utilisation.

Protéger en rétablissant l’équilibre

MOBACCLIM illustre une approche écologique de la protection des cultures : plutôt que de combattre sans cesse les ravageurs avec des produits chimiques, il s’appuie sur les mécanismes naturels de régulation pour une protection durable et respectueuse de l’environnement.

MASA, 2025 – 2029

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