Favoriser la lutte biologique en vergers de pommiers par les Chiroptères – de la parcelle au paysage

Dates : du 01/11/2024 au 31/10/2027

Les chauves-souris insectivores (chiroptères) sont des prédatrices importantes d’une grande diversité d’arthropodes ravageurs des cultures (qui causent des dégâts). Elles peuvent ainsi consommer 40 à plus de 100% de leur masse par nuit en arthropodes. Les chiroptères peuvent donc contribuer à réduire significativement les dégâts dans les cultures et à augmenter les rendements. Cependant, un fort déclin de leurs populations est documenté à l’échelle nationale (43%), soulignant des enjeux de conservation, mais également de perte de régulation des ravageurs.

 

La culture de pommes est le secteur arboricole le plus rentable, la pomme de table étant ainsi le fruit le plus produit et consommé dans l’Hexagone. Pour produire de telles quantité de fruits et atteindre les standards de qualité du secteur, la gestion des vergers de pommiers est très intensive et se base sur une utilisation massive de pesticides qui ont des effets négatifs à la fois sur les humains, les organismes vivants non-humains y compris les chiroptères et l’environnement (One health). Des méthodes alternatives à l’usage des insecticides sont ainsi de plus en plus développées depuis quelques années en verger de pommier, notamment l’installation et le déploiement de filets anti-ravageurs de culture (anti carpocapse de la pomme).

 

Très sensibles à leur environnement (bioindicateurs), les chiroptères répondent à la fois à la structure de la végétation à une échelle locale, au contexte paysager, à la connectivité écologique et aux pratiques agricoles locales. Dans ce projet, nous étudions plus finement les interactions entre chauves-souris (à l’aide d’enregistreurs et d’analyse de leurs cris), arthropodes (ravageurs et non-ravageurs, à l’aide de piégeage), pratiques agricoles et paysage et connectivité écologique en vergers de pommiers dans trois grands axes :

1) Etude de la réponse des chiroptères insectivores à la présence et au déploiement de filets mono-rangs anti-ravageur de culture dans les vergers.

2) Etude des relations spatio-temporelles entre l’activité des chiroptères et les dynamiques des populations de quelques ravageurs majeurs problématiques (carpocapse de la pomme et tordeuses) en vergers de pommier en fonction de la connectivité écologique du paysage entourant les parcelles.

3) Etude des relations entre activité et diversité des chiroptères, abondance et diversité des groupes fonctionnels entomologiques (phytophages, recycleurs, généralistes, mycétophages, zoophages) et niveau de connectivité écologique à 3 échelles (parcelle, paysage et plus large échelle).

 

Cette thèse s’inscrit dans le projet national Chiroverger mené et financé par L’Office Français de la Biodiversité, portant sur la conservation des chiroptères et leur rôle de régulation dans les paysages de vergers.

Thèse cofinancée par l’OFB et le département Santé des plantes et environnement (SPE) d’INRAE